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JOURNAL

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PHARMILCIE.

TOME XII.

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VABIS.— IMPiUMBAIB DB VAUf» RUE BAGIKB , H®, ky

PLAGE DE l'oDÉON.

JOURNAL

DE PHAfill^CIE

DES SCIENCES ACCESSOIRES,

.RÉDIGÉ Pab mm. p. -J. Bouillon - Laoravob y L.-A. Plafche ,

P. - F. - G. BOULLAT , J. - P. BOUDET , J. - J. VutET ,

J. Pellbtibr, a. Busst, E. Soubiirah, O. Henrt fils.

T

BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DE PHARMACIE

DE PARIS,

Rédigé par M. Hb^t, et par une Commission spéciale.

Major collectis viribns exit.

TOME DOUZIÈME.

PARIS,

CHEZ LOUIS COLAS FILS , LIBRAIRE ,

mVE DAUTBIBE , B*. Ss.

i8a6.

JOURNAL

DE PHARMACIE

ET

DES SCIENCES ACCESSOIRES.

N^ I. 12*. Année. JAityiER 1826.

NOTE

Sur une tnaiière blanche filamenteuse qui se trouve sur de

la fonte;

Par M. Yauqdbli».

L«e â PAoailémic rojrale de médecine , section de pharmacie ,

en décembre i8a5.

M. MoUerat Guyon me remit, le 17 juin 1824» un morceau de fonte de fer , dont une grande partie de la sur- face est recouverte d^une substance blanche , formée de filamens soyeux qui paraissent sortir de la matière de la fonte, et qui ressemblent à des faisceaux de certaines amian- tes on d'alun de plumes.

Les filamens sont de la plus grande blancheur , et si légers que le moindre mouvememertt dans Tair les enlève quand ils sont détachés de la fonte.

J*ai été curieux de soumettre à Tanalyse chimique cette matière soyeuse , et j'ai trouvé que c'était de la silice très- Xn*. Année. Janvier i8a6. i

a JOURNAL

pure ; elle ne oontieut pas un atome de fier. Je me rappelle à cette occasion d'avoir examiné y il y a déjà long-temps , une matière à peu près pareille , trouvée dans un h^ut fourneau , attachée à un morceau de fonte. ( Voyez An- nales de chimie. )

A cette époque , quoique le potassium et le sodium fus- seiltconnuS) on ne pensait pas encore au silicium, en sorte qu'il était difficile d'expliquer la formation de cette matière filamenteuse qui se trouvait ainsi , à la surface de la fonte , restée long* temps dans les hauts fourneaux. Il fallait sup- poser une certaine volatilité à la silice , soit qu^on admit qu'elle sortit de la fonte , ou que venant de l'extérieur elle s'y fût déposée. Or la première supposition n'est pas pro- bable , car si la chaleur du fourneau avait été assez forte pour expulser la silice de l'intérieur de la fonte , elle ne serait pas fixée à la surface de celle-^ci qui devait être plus chaude que son intérieur; quant à l'autre supposition , il faudrait que la fonte eut 'été placée dans la partie la plus froide du fourneau pour que la silice réduite en vapeurs eût ptt s'y condenser. Aujourd'hui que Ton sait que le ^i/t- ckim peut se trouver en grande quantité dans les fontes de fer , on conçoit que ce métal au sein d'une pareille com- binaison exposée à une haute température , et au contact de l'air , peut être réduit en vapeur et venir sous cette forme à la surface de la fonte , ou il brûle et cristallise. Le morceau que je présente est très-propre à faire compren- dre cei effet : sa surface est dncûle , tandis que le centre est encore cassant.

DE PHARMACIE.

RAPPORT

«Sur le tartre des dents , fait à ta section de pharmacie de t Académie royale de médecine{i)^ /e 3i décembre 1825.

La section de pharmacie nous a chargés, M. Laugier et moi , d^ examiner da tarire des dents que M. Duval , den- tiste, lui remit dans la séance du %S novembre i8l5.Voici les essais auxquels nous Favons soumis.

Première expérience.

Celte matière , réduite en poudre fine , a perdu sept centièmes de son poids par la dessiccaûon.

Deuxième expérience.

Dissoute dans Facide murtatique, elle a laissé i3 cen- tièmes de son poids de matière animale d^un blanc-jaunàtre.

Troisième expérience.

Cette matière animale , soumise & Faction de Feau bouil- lante pendant au moins deux heures , n'a pas été dissoute , et la décoction réduite sous un très-petit volume , n*a pas donné la plus légère trace de gélatine. Ce résultat prouve que la matière animale du tarire des dents n'est pas de la même nature que celle qui existe dans les os.

Quatrième expérience. .

Le phosphate de chaux , précipité par Fammoniaque de •a dissolution muriatiquc , était jaunâtre après la dessicca- tion, ce qui annonce la présence d'une certaine quantité de matière \ en effet , ce phosphate a noirci quand on Fa

(i) Par M. VAOQOELiif.

/

4 JOURNAL

fait chauffer dans un creuset fermé. Dans cet état , %on poids représentait les ^ centièmes du tartre employé.

Cinquième expérience.

Dans la liqueur dont le phosphate de chaux avait été séparé , nous avons mis de Toxalate d*ammon!aque ; le pré- cipité formé dans cette opération formait les 12 centièmes du poids du tartre employé , et représentait environ 9 cen- tièmes de carbonate de chaux.

Sixième expérience.

Les produits obtenus dans les opérations ci- dessus ne représentant pas exactement la quantité de matière sou- mise à Taiialyse , nous avons fait évaporer le liquide dont le phosphate et le carbonate de chaux avaient été précipi- tés , pour savoir s'il contenait encore quelques parties de matière animale. En effet , le muriate d'ammoniaque, des- séché et chauffé doucement dans un creuset de ptatine, est devenu noir , et après s'être dissipé , il a laissé une matière brune, pesant trois centigr. , qui ressemblait à de Toxide de fer, et qui était en effet composée de fer et de phosphate de magnésie.

Septième expérience.

Un fragment du tartre , exposé à une forte chaleur pen- dant une heure , est devenu parfaitement blanc jusqu'au centre , et a perdu 22,4 pour cent.

Or , en retranchant de cette perte 7 d'humidité , nous aurons i4)6 pour la matière animale , en supposant que dans cette opération le carbonate de chaux n'ait pas été décomposé.

Huitième expérience.

Une des dents que le tartre recouvrait , ayant été par- faitement nettoyée et chauffée ensuite jusqu'à ce qu'elle fut devenue blanche dans toutes ses parties , a perdu 33,2

DE PHARMACIE. 5

pour cent. Aiasi , en supposant que cette dent contint la itième quantité d'eau que le tartre , elle renfermerait beau« coup plus de matière animale , puisque ce dernier n'en contient que 14)6 et la dent 26,2. C'est sans doute une des causes pour lesquelles les dents sont plus dures , ont plus de consistance et d'élasticité que le tartre des dents.

Neurième expérience.

Qu<Mqne la petite quantité de tartre des dents sur la- quelle il nous a été permis d'opérer neus laissât peu d'es- poir d^y reconnaître la présence du phosphate de maguésie, cependant nous avons traité 1,77 gr. de cette matière par Facide sulfurique de la manière que nous avons indiquée ailleurs, et nous avons obtenu i5 milligr. de phosphate ammoniaco-magnésien ~.

Ainsi j le tartre des dents ressemble aux os par la nature de sa base, mais il en difière par Fespèce *de matière ani- maie qui en lie les parties ^ nous pensons que celle-ci est analogue au mucus.

Désirant aussi nous assurer si le tartre des dents ne con- tiendrait pas de l'acide urique ou quelque urate « nous en avons traité une certaine quantité avec une solution de pcftasse , mais nous n'avons rien aperçu de pareil.

Propriétés physiques.

Le tartre dont il est ici question est en fragmens assex volumineux ; le poids de quelques-uns d'entre eux s'éle- vait i deux grammes ; sa texture granuleuse le rend assez fragile ; il ne présente point d'organisation régulière ] il ressemble en quelque sorte à la matière du cal qui sert à sonder les os fracturés.

Fait à la section de pharmacie^ le 3i décembre iSsS.

Yàuqueuii , Làdgier.

JOURNAL

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Sur un phénomène d^ignition par Toxide brun de plomb au contact avec le gaz acide sulfureux ;

Par M. VoGEL , de Munich.

Les phéDomènes d'ignition qui se manifestent pendant Tacte d'union de deux corps se sont tellement multipliés depuis l'époque la théorie électro-chimique a flxé Tat- tention des chimistes, qu'il n'y a plus rien d'extraordi- naire quand au contact de deux élémens on aperçoit une lumière plus ou moins vive.

Depuis long-tetnps on était familiarisé avec ce phénomène dans le cas la température des corps était élevée , et la plus ancienne observation à cet égard est sans doute celle des chimistes hollandais , savoir, la vive lumière qu'on remarque au moment le soufre se combine avec plu- sieurs métaux.

L'ignition observée par M. Chevreul, en mettant en contact la baryte avec le gaz acide muriatique \ celle par M. Bussy 9 en faisant passer la vapeur de l'acide sulfurique anhjrdrek travers de la baryte, ainsi que celle de M. H. Davy, en plongeant un fil de platine échauffé et en partie refroidi dans un mélange d'air et de gaz hydrogène , et beaucoup d'autres phénomènes analogues peuvent être placés dans cette catégorie.

Dans toutes ces circenstances la température des corps était plus ou moins élevée.

L'observation de M. H. Davy a été cepeodant modifiée tout récemment d'une manière heureuse par M. Doeberei- ner , en amenant par l'hydrogène et l'air un fil de platine Jusqu'à la chaleur rouge , sans qu'il soit nécessaire de le chauffer préalablement.

DE PHARBfACIE. 7

Le d^agement de lumière a donc ailasi fréquemment k'eo par ruuion de deux corps froids , comme nous en arons des exemples quand on verse de Tacide sulfurique de Nordhausen sur la magnésie calcinée, ou bien en plongeant ^ d'après Eldmund Davj y du soua-oxide de pUiÎDc dans du gaz. ammoniac , etc. y etc.

£n roulant éprouver dans mon cours les (Ufférens moyens^- pour faire l'analyse d'un mélange de gaz acide sulfureux , de gaz acide carbonique, etc* , etc. , j'employai , outre Toxide noir de manganèse et le borax, Toxide brun de plomb dont M. Beraiélius recommande beaucoup Favantage dans son Traité de chimie.

Comme il n'est pas facile de faire passer Foxide brun de plomb en poudre fine dans la cloche contenant le mélange gazeux , je Tenveloppai légèrement du papier Joseph et le. fis passer ainsi & travers le mercure sous la cloche*

A peine était-il arrivé dans le gaz acide sulfureux, qu'il devint incandescent, et le papier se charbonna sur plusieurs points.

Pour avoir la certitude que ce dégagement de lumière n'était pas favorisé par le papier, je soufflai un tube de verre à une de ses extrémités en cuillère ronde , et , après avoir mis de l'oxide brun de plomb dans sa cavité , je le plongeai dans un flacon rempli de gaz acide sulfureux. Llncandes- cence eut également lieu 5 l'oxide devînt d*un rouge cerise très-visible dans l'obscurité et dans un endroit pas trop éclairci ; pendant cette ignition , la surface de Toxide brun se changea en poudre blanche , qui est du sulfate de plomb.

J'essayai comparaUvemcnt , pour absorbet le gaz acide sulfureux , l'oxide noir de manganèse et Toxide brun de plomb 5 mais Fabsorption est tr^s-lente et très -imparfaite 5 surtout l'oxide brun de plomb présente ce grand inconvé- nient de n*absorber plus rien après Fignîtîon , puisque sa. surface est couverte de sulfate de plomb.

8 JOURNAL

Le moyen le plus expéditîf pour absorber le gaz acide sulfureux , et pour le séparer complètement du gaz acide carbonique et de quelques autres gaz , est toujours celui employé par M. Cluzel , savoir le borax.

Le borax calciné absorbe encore plus rapidement le gaz sulfureux que celui en morceaux ; il se forme alors du sulfate de soude , et Tacidc boracique est mis à nu , ce dont on peut se convaincre , quand on traite le morceau em- ployé par Tacohol qui en dissout alors Tacide boracique.

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De Facétate de potasse dans les eaux minérales ;

Par M. VoGEL , de Munich.

Etant occupé depuis long-temps , par ordre du roi , d^examiner toutes les eaux minérales du royaume de Ba- vière, je 6s Tannée dernière l'analyse d'une eau de Brucke- nau, petite ville à l'extrême frontière » seize lieues au delà de Wurtzbourg. Cette eau de Bruckenau , quoique très- pauvre en substances salines , mais très-riche en gaz acide carbonique , est très- recherchée par les étrangers qui y arrivent pour en faire usage.

Après en avoir déterminé la quantité de gaz à la source même , je rapportai k Munich le résidu de plusieurs pintes d'eau y évaporée à siccité , pour faire l'analyse des substan- ces concrètes.

Présumant dans le résidu salin , qui s'humectait légère- ment à l'air , un sel déliquescent , je le traitai par l'alcohol pour dissoudre ce sel ; en effet , la liqueur alcoholique , évaporée à siccité , attirait si fortement l'humidité qu'il tomba entièrement en deliqutum.

J'étais cependant surpris de voir que le liquide dans lequel je soupçonnai du muriatc de magnésie ne troublait

V

DE PHARMACIE. Q

aocimement le nitrate d*ai^efnt. Lorsque j^y Tersai de Fa- cide snlfurique concentré , il n y avait pas la plus légère eSerrescence ; mais j'y remarquai une odeur très«pronon-* cée de rinaigre , et le muriate de platipe y formait un pré* dpiié jaune. Par des expériences ultérieures j'adquia^ bientôt k certitude que le sel en question était de Vacétafà de potasse.

ESSAIS CHIMIQUES

D'une poudre administrée comme spécifique contre la goutte et qui , eut lieu de soulager le malade ^ a produit presque T empoisonnement»

(Exfrait d'une lettre acires ée à M. Boudet, par H. CiouaD a!në, phar- macien à Rouen. )

Un charlatan se flatta de guérir radicalement M. D'***, tourmenté depuis long-temps par la goutte. Ce monsieur , ennuyé de souârir , consentit à prendre ses prises de pou- dre , après lesquelles il était recommandé de boire une décoction de gayac , salsepareille, bardane ^ sivsafras , her- modactes, etc.

Des symptômes alarmans s'étant manifestés après la prise du premier paqiiet de poudre , tels que vomissémens , dou- leurs dans l'estomac, etc. ; le malade souffrant beaucoup et se croyant empoisonné , on m'en envoya un paquet pour en counaitre la composition.

Propriétés physiques : Elle était d'uu jaune foncé , gri- sâtre, assez grossièrement pulvérisée , préseotaut ça et des parcelles brillantes qui se ternissaient par la chaleur et s^aggloméraient. Son odeur était légèrement aromatique et sa saveur un peu acre. Le paquet pesait a4 grains.

le cas étant presaaai , afin de soulager le plus prompte^ me»t possible le malade» je fis de suite quelques essais pour voir si elle ne contenait pas des sels ou oxides métalliques, le mis donc cette poudre dans un verre k expérience avec de l'eau distillée ; je m aperçus , après avoir agité , qu'une substance Jaune pulvérulente s'était promptement préci- pitée en raison de sa pesanteur. Je décantai aussitôt ce liquide surnageant qui tenait en suspension presque la toU- Kté de la poudre ; on lava plusieurs fois ce précipité qui , recueilli , présenta les caractères suivans :

H était d'un beau jaune çt un peu rude au toucher ; des- sccbé à la température de 4o degrés Réaumur dans un verre de montre , il n'a pas changé de couleur ; il pesait 4 grains. Frotté sur une lame de cuivre poli , il l'a blanchie ^ mis sur des charbons incandescens , il s'en est dégagé du gaz •*4acide sulfureux ; et une lame de cuivre que l'on tenait au- dessus des vapeurs qui se sont formées ensuite a été blan- chie. De l'acide nitrique versé sur cette substance Ta dis- soute , et a donné lieu à un liquide incolore , dans lequel une solution de potasse a produit un nouveau précipité jaune, qui avait tous les caractères chimiques du deutoxide de mercure hydraté. D*après ces résultats , j'ai conclu que cette partie de la pondre était du sous-deuto-sulfate de.mer^ cure ( turbith minéral ) , et on administra alors les mé- dkamens nécessaires pour combattre l'eâet de ce sel.

J'ai repris le lendemain l'analyse de l'autre partie de la mmère suivante :

La poudre qui était restée dans l'eau décantée, à laquelle on avait joint celle des lavages du sous-sulfate mercuriel , n'a presque rien fourni à ce liquide qui , filtré, n'était presque pas coloré ; il rougissait à peine le papier de tour- nesol , et les réactifs n'y ont indiqué que des traces de sels terreux.

La partie de Ta poudre insohible dans Feau , et c'était

DE PHARMACIE. Il

pour ainsi dire la totalité , s^est dissoute dans Talcohol k 36 degrés , excepté une substance dont les fragmens, exa- minés k la loupe , m'ont paru être ceux du poivre ; quel** ques-ons étaient assez gros pour être mis sous la dent , et la sapeur qu'ils avaient encore confirma mon opinion. I) pouvait être dans les proportions d'un cinquième.

La teinture alcoholique était jaune ^ divisée par parties , elle présenta les caractères suivans : elle blanchissait par l'addition de Teau distillée , elle bleuissait par celle du cUore ^ cette couleur bleue disparaissait quelques instans après et la couleur verte lui succédait. Un papier imbibé de cette teinture , et plongé dans du gaz nitreux , a bleui sur-le-cbamp. Versée sur une tranche de racine de raifort fraîche , elle a formé nue zone bleue. D'après ces phéno- mènes , on ne peut douter que cette résine ne soit celle du gajac , du moins en partie , car , recueillie et séchée à un air sec , elle ne présentait pas la fragilité de cette résine ni ses propriétés physiques -, mise sur un fer chaud , elle exhala une odeur mixte de jalap et de gayac. C'était à n'en pas douter de la résine de jalap falsifiée qui faisait près des trois quarts de ce prétendu spécifique.

Les intéressans travaux de M. Planche sur la résine de gayac (Journal de Pharmacie , tome 6 , page i6) m'ont beaucoup aidé à reconnaître cette résine que je n'aurais peut-être pu déterminer sans eux.

Agréez , etc. , etc.

Rouen , i6 décembre iSaS.

\:k iOURKAL

EXTRAIT

D'une lettre à M, Virey, suf' un nouvel appareil dos pour filtrer les liquides s^olcUils ,' par M. Riodffe , pharmacien^ ex-préparateur de chimie à V école des Arts de Lyon.

Antîbes , le ^4 décembre i8i5.

Le numëro de novembre du Journal de Pharmacie me présente Tappareil de M. Donovan : désireux de me servir de cet appareil, qui offre un grand point d*utililë dans les filtrations Tévaporation, l'accès du gaz acide carbonique, de Toxigène , de Thumidité , etc. , seraient nuisibles aux liquides filtrés ou aux substances recueillies sur le filtre , j*y vois des difficultés que je soumets à son auteur.

1**. Comment introduit*il son liquide? Il démonte l'ap- pareil et il lute. Le corps que Ton veut isoler a le temps de s'introduire avant qu'il ait ajusté et luté , et que les luts tiennent \ et souvent même, avant qu'il ait fini son opéra* tion et que les luts soient secs ou qu'il ait bien bouché y tout a filtré. Je ne vois point un grand avantage \

a*. Comment introduit-il un nouveau liquide quand celui que l'on doit filtrer excède la capacité du filtre? Môme procédé que dessus , même vice et même observation -,

3*. Quand il fihre une solution de potasse caustique (non à l'alcohol ) un peu concentrée , s\\ le fait à chaud 9 le liquide en se refroidissant laisse précipiter des sels étran- gers qui n'y sont plus tenus en dissolution ; alors comment décantc-t-il le liquide à l'abri de l'acide carbonique qui entre dans l'appareil ?

Je soumets à vos lumières l'appareil que je viens de met- tre à l'usage de mon laboratoire y qui y partageant les avan- tages de celui de M. Donovan y ne partageant point ses défauts , doit être préférable.

DE PHARMACIE. l3

Si vous le jugez digne de votre approbation , il réunira les qualités nécessaires à un appareil de ce genre ; alors j'ose en demander Tinsertion dans un des prochains numé- ros de Tintéressant Journal de Pharmacie.

3c partage Topinion de M. Donovan sur la préférence à donner au verre vert.

A B C D E est le même filtre que celui de M. Donovan.

Je joins une seconde tubulure à la partie supérieure de mon filtre ; à cette tubulure F , je place un tube en S , qui bouche hermétiquement en lavec un bouchon émerié , par lequel j'introduis mon liquide à côté de celui-ci , à une troisième tubulure est un petit tube H également émerié. Ce dernier est destiné à donner p<i^age à la colonne d*air que déplace le liquide introduit.

Je joins au récipient D un robinet K h quelques lignes du fond , ce qui est déterminé suivant la contenance du vase.

Au robinet K on peut ajouter un tube plongeant dans du lait de chaux , ou mieux de Teau de baryte pour absorber le gaz acide carbonique. Ce n'est que dans une analyse exacte qu on a recours à ce moyen -, on ne tient pas à si peu de chose en des préparations ordinaires.

Qnand mon filtre m'est nécessaire , je le monte et le lute la veille ; lesluts étant bien secs , j'introduis par le tube G mon liqnide , et j'ouvre le tube H pour donner passage au fhiide que je déplace ; lorsque je vois le filtre bien garni , je bouche les tubes H d'abord et G. Au fur et à mesure que mon filtre se vide , je le garnis par le tube G y toujours en ouvrant le H et le fermant avant le tube G pour éviter une introduction.

Quand le récipient D est plein y je le vide sans le dé- monter par le robinet en ouvrant le tube soupape H, et si fopération que je fais craint l'acide carbonique ou tout aoire gaz , je fournis à mesure de l'air qui en est privé tou-

♦.

*^

l4 JOUKNAL

)oars par tube A y auquel j'adapte une vessie pleine de gaz prirë de celui qui serait nuisible i mes produits.

Je puis ainsi filtrer autant de liquide que j'en ai sans ja- mais démonter l'appareil , but auquel on ne peut arriver ' ' avec le filtre de M. Donovan. '.'*«- Si je filtrais un liquide chaud qui put par refroidisse-

.* * çient exigée de Pair, j'en fournis par le tube H , et si le re- . 4)*oidissement me donnait un précipité , je puis décanter le * V"' ^ (liquide par le rpbinet K sans introduire un gaz nuisible , >, , 5^* *. ^1^ moyen de la vassie que j'ai déjà citée.

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' \ ÏIAPPORT

^ur un mémoire intitulé : De la reproduction des sangsues , 'fbnsiâérées par plusieurs naturalistes comme uiinpares ^

, Par M. Desaux , pharmacien à Poitiers.

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Messieur» , lorsque nous avons eu l'honneur, M. Planche

et moi , de vous faire notre rapport sur ce mémoire , dans votre séance du la mars dernier , notre savant et illustre M. Yauquelin vous rappela que la plupart des résultats observés et annoncés récemment comme nouveaux, au sujet ,de la reproduction des sangsues , avaient été indiques près ^de soixante-dix ans auparavant par le célèbre Bergmann. tles observations vous painirent si frappantes , que vous engageâtes vos commissaires à modifier en consétpence la partie historique du sujet de leur rapport. C'est éclairés par de nouvelles recherches qu'ils viennent vous sou* mettre leur travail.

L'énorme consommation des sangsues qui s'est faite de- puis quelques années , et qui a lieu maintenant encore quoi- qu'/i un degré moins exagéré , a fixer nécessairement Tattention des naturalistes sur la conformation et le mode ^ de reproduction de ces animaux , et avec d'autant plus de

-r

DE PHARMACIE. l5

niioo que da train on y allait, il était permiê de craindre fëpiu4eraent total et trè«-prochain de cette race d'animant !

Avant M. Lenoble, de Versailles, qni a le mérite d'aYoir rappdé le premier que les sangsnes médicinales sont otî- paKs , Bergmann , dès 17579 avait publié nn mémoire sur ces animanx , mémoire qui se tronve inséré dans les ]

oposcoles chimiques. Ce savant avait si bien reconnu le mode de reproduction des sangsues , qu'il dit , page ai^ , vol. V : c Hirudinum aliœ oua sua sub ventre secum por^ ^

» tant , aUœ eadetn in plantarum aqualiKumfoKis pariunt , \

d àSœ denique puUos vivos progignunt. Hoc autem plane \

» singulare est , singula ova puUos complures œntinere. n

On voit dans ce paragraphe , extrait mot à mot du cha- pitre où Bergmann traite de la génération des sangsues en général , qu'il dit que panni le^ sangsues les unes sont ovi- pares et les autres vivipares.

Bergmann n'ignorait pas non plus que si les sangsues sont >

hermaphrodites , elles ont besoin du rapprochement des 1

deux individus pour la conservation de l'espèce , ainsi qu'il ^

Fexplique page a 19. Enfin l'étude des parties de la gêné- \

ration ne lui était pas non plus étr^angère , puisqu'il dit pages 217 et a 18 : « Ea (geni'talia) sub ventfe propiiis » ab ore quàm ab acetabulo , sita sunt. Meniula Jiliformis » estj et f ère cylindrica^ cujuslocunijubiflaccet et retracta V est , yestigium aJbidum dénotât. '

» F^uha autem mentulœ proximè subjacet , tutgiifBpimo ' y^ orjfido patens. n •••^^

Ces diverses citations constatent donc indubitablement les droits d*antériorité de Bergmann à ce sujet.

Il n'est pas excusable sans doute de les avoir oubliés*, mais on est tenté de se pardonner A tnoitié lorsqu'on é^. rappelle que le traité jle plus complet et le plus exact que nous possédions sur le règne animal n'en fait aucune « mention. 4 ^\

A l'époque votre rapporteur eut Thonneur de vous î r

4 ê

16 JOUANAL

* donner connaissance de Tintéressant mémoire de M. De*

saux , Tun de tous , Messieurs , prit la parole pour exposer que M. Rayçr s'occupait de recherches très-étendues sur le même objet. M. Rayeir vînt vous. lire spn travail dans la séance suivante , et vous Tavez encore présent a Tesprit ; mais si les auteurs se sont rencontrés sur plusieurs points importans , il n'en est pas moins vrai qu'il est facile de faire la |>art de chacun.. En effet , si M. Rayer a fait, connaître d'une manière savante et toute nouvelle le gisement et surtout la conformation et la structure anatomique des co-> cons, ainsi que leur nature chimique , personne n'a indi- qué et suivi avec plus de soins minutieux et attentifs leur mpdede reproduction et deddveloppementqueM. Desaux. Sous ce dernier rapport, vos commissaires n'hésitent pas à regarder le travail de ce pharmacien comm^ tout-à-fait original.

Vers le 10 avril 18249 M- Desaux mit 4ooo sangsues dans une mare artificielle dont il donne la description et qu^il a composée. L'eau Tut renouvelée régulièrement tous les cinq jours : jusqu'au 10 mai suivant il ne se passa rien d'extraordinaire ; mais , à peu près à cette époque , il re- marqua une agitation extrême chea ces apimaux , et il vit une sorte de matière huileuse ^ verdàtre , surnager l'eau , matière que des observations ultérieures lui apprirent être le frai propre à la reproduction. Enfin , le i5 mai , en dé- couvrant la mare pour renouveler l'eau, M. Desaux s'aper- çut 4'nii calme général , il trouva quelques sangsues çâ et afitourées de flocons écumeux , du plus beau blanc. Pen^ dant les jours suivaus , 16 , 17 et 18 , les flocons augmen- tèrent , presque toutes les sangsues en étaient entourées y et, chose remarquable, une espèce de léger sifflement qu'on peut comparer , suivant l'auteur , à un dégagement d'air d'uu.tube capillaire , se: fit .entendre à son attentive obser- vation. Xé 19 au matin , ce travail avait cessé ; cette écume floconneuse qui entourait les sangsues avait disparu , et

DE PHARMACIfi. . I7

M, Desaax troava , près de chaqaranimal , un corps fem- UiMe dans tontes ses formes à une forte oK ve^ d^ane grande légèreté et recouvert d'un tissu spongieux de Tëpaisseur de quatre lignes y adhérent k une membrane de même nature , et contenant un liquide mucilagineux brunâtre.

M. Desaux recueillit à part un certain nombre de ces cocons, afin de les examiner successivement à diverses époques.

Vers la fin de juillet ^ il s^apcrçut que la liqueur des co- cons avait pris plus de consistance , et vers la mi-aoùt cette consistance avait diminue; mais il vit un point blanchâtre muqueux , dans lequel il découvrit , k la loupe , les germes de plusieurs êtres. Dès le 20 du même mois il put distin- guer facilement la forme bien caractérisée de la sangsue» Enfin le 3 septembre suivant, en présence de M. Edwards, tpù se trouvait en ce moment k Poitiers , M. Desaux incisa un premier cocon , dans lequel il trouva onze petites sang- sues. La même opération fut faite sur plusieurs autres co- cons , et toujours on trouva les sangsues en nombre impair ; fait dont il est difficile d'indiquer la cause , mais que Tau- teur a cru devoir signaler. Toutefois , nous ferons remar- ier que le nombre impair n^est pas constant -, c^est du moins ce qui résulte des expériences de MM. Lenoble et Rayer. * Les sangsues, au sortir des cocons, sont d'un blanc ToageJ^tre ; elles n'acquièrent U couleur verte noirâtre qu'a- vec rage et le temps.

Tels sont , Messieurs , les faits intéressans contenus dans le mémoire de M. Desaux ; vos commissaires vocts pro*. posent^ en faisant remercier Tautenr, de lui donner copie de ce rapport, et de Tencourager a poursuivre un genre de recherches si utile et si profitable aux progrès de Thistoire Baturelle. Nous proposons en outre de renvoyer ce mé« moire & la commission de rédaction.

L. A. Plàkchb , J. B. Cavehtou.

XII*. jinnée, Janvier i8a6. a

l8 JOURNAL

ACADÉMIE ROYALE DE MÉDECINE.

Analyse des trauaux de la section de pharmacie pendant le quatrième trimestre de Vannée iSaS.

Il semble que Fart pharmaceutiqne , arrivé tard aux tjtres académiques, redouble de zèle et de travaux pour atteindre le niveau que les autres branches de Tart médical ont depuis long-temps obtenu. Ainsi s'efiacent des distinc- tions humiliantes, et Ton juge aujourd'hui du mérite par le savoir ou le talent , et non par des dénominations d^état : seule manière d'apprécier les hommes.

Histoire naturelle médicale» i**. Sur Yabélésie. On im- porte d'Alexandrie en France , sous ce nom , de petits tubercules arrondis qui sont ceux du souchet comestible , Cjperus esculentus L. Ils sont jaunâtres, oléagineux, quoi- que des botanistes aient prétendu, à tort , que Ton ne trou- vait jamais d'huile fixe dans les racines et semences des plantes monocotylédones. Ceux qui ont été apportés du Sénégal sont noirs et plus gros.

Une poudre d'iris , employée a poudrer les cheveux » avait causé des accidens de narcotisme sul* deux personnes. M. Pelletier fait remarquer que loin qu'on puisse attribuer, ces accidens à une matière huileuse devenue rance par l'ancienneté de cette poudre , l'iris récente est au contraire beaucoup plus acre que cette même racine long-t^mps conservée.

M. le docteur Gaymard, médecin de la marine et correspondant de l'Académie , présente un mémoire de M. Châtelain, pharma<:ien en chef de la marine à Toulon, sur la conseivution et la reproduction des sangsues. MM.Vi- rcy et Ileniy, commissaires pour en faire un rapport , an-

Dfi PHARMACIE* IQ

DonceDt que le moyen proposé par M. Châtelain consiftle i placer au fond des vases de grès contenant les snngsacs , une couche d'ai^gîle réduite en pâte , séparée des pnrois lalérales du jrase de deux à quatre centimètres , afin que les sangsaes qui s'y enfoncent puissent en sortir , car si elles j périssaient , leur corps en putréfaction entrainerait la mort des autres. M. Châtelain veut aussi qu^on ne place pas ces vases en des lieux trop frais , car elles demandent même toute la chaleur atmosphérique en été pour déposer leurs cocons. Quant à Taction du chlore, de Tammoniaquc , da camphre , de Thuile volatile de térébenthine , de la fu- mée de tabac j ces substances , en certaine quantité dans Teau des sangsues , les font presque constamment périr. M. Guibourt fait observer que Targile salissant les sang- sues , il a eu ridée d'employer plutôt du sa])le au fond de Feaa. Un tuyau plongeant dans ce sable y verse lentement et sans cesse de nouvelle eau ; Tancienne sort par un autre tube au haut du vase , en sorte que cesnnnélides sont con- stamment dans une eau renouvelée. Quand on change l'eau des sangsues dans sa totalité en une seule fois, la dif- férence subite de température suffit pour faire périr sur- le-champ plusieurs sangsues. A cet égard M. Pelletier rapporte que Teau corrompue et croupissante d'un étang causait aux carpes qu'il contenait une maladie érupiivc ou des pustules rouges sur la peau qui les faisait périr. Un de ses élèves conseilla de jeter dans cette eau du charbon ani- mal ; cette eau l'assainit et les carpes y recouvrèrent la santé. Des auteurs ont cru voir dans cette maladie éruplive une sorte de petite vérole de ces poissons , mais à tort , comme la dit M. Virey.

Celui-ci présente une grosse écorce rougc-l>r une, épaisse dun demi-pouce , avec un épidermc gris. C'est celle du manglîer rouge , rJdzophorn candel^ arbre maritime singu- lier par son fruit , par ses racines chargées d'huîircs quel- quefois, ainsi quepar ses branches plongcanidansla n)er. Il

a.

90 /OURNAL

appartient à la famille des chèvrefeailles^ selon Jussieu, et des myrtes selon Dupetil-Thouars. Cette écorce tonique et astringente sert, comme un quinquina grossier, aux nègres des colonies , soit encore pour le tannage des cuirs ^ soit pour teindre en couleur brunâtre.

On apporte, sous le nom d'huile de Karapat, de la Mar- tinique , rhuile extraite des semences du ricin rouge cul- tivé dans nos colonies et figuré, n*. Sg, dans la Flore médi^ cale des jintilles , de M. Descourtilz : c'est la même huile que celle dite castors oil des Anglais de la Jamaïque. Ob-' tenue par expression , elle est plus acre , plus purgative , d'une couleur jaune plus foncée que celle de ricin pré- parée en France.

M. Virey présente encore un bois jaune d'une texture très-poreuse et avec des prolongemens médullaires rayon-* naus , semblables à ceux de plusieurs racines. Ce bois fort amer, qui sert comme vermifuge et stomachique contre l'ictère, la leucophlegmatie , dans les Indes-C)rientales , vient de Colombo , en l'Ile de Ceylan. Il est rapporté au menispermum flauescens de Lamark ( fix&/ay7af^a de Rum- phius). Il teint en jaune.

L'huile volatile de caioupouti, que l'on connaît en Europe sous le nom d'huile de cajéput , est un médicament difru** sible et stimulant estimé , soit contre les douleurs rhuma- tismales en frictions , par les Indiens